Payré, commune de la Vienne de 2600 hectares, possède deux bourgs : l’un, blotti dans un méandre de la Dive qui coule à 100 mètres d’altitude, a donné son nom à la commune, et le second, Les Minières, sur le plateau voisin, était un relais pour la route importante qui est devenue la Nationale 10. On y compte aussi de nombreux villages et hameaux dispersés.
Le territoire de cette commune semble avoir été occupé par l’homme depuis une haute antiquité comme le confirment la tombelle de Brioux, sépulture néolithique découverte en 1862 (vestiges conservés au Musée de Poitiers) et aussi quelques indices trouvés plus récemment (polissoir, outils de pierre taillés ou polis).
Coupe de la tombelle
Polissoir
La voie romaine qui traverse la commune du nord au sud indique aussi l’activité qui s’est manifestée à l’époque gallo-romaine et le mot « Payré » dériverait du nom d’un chef gaulois qui a romanisé son nom pour nommer ses propriétés comme c’était alors courant pour donner successivement : Petriacum, Pairec (1230), Peyré (1479), etc ...
Le souvenir d’une petite église romane remaniée au XVème siècle et dont Amédée Brouillet nous a laissé un croquis (ci-contre) rappelle la continuité de la présence humaine sur le territoire durant de longs siècles.
Si une première église est selon les historiens déjà signalée en 942, des chartes plus tardives viennent confirmer l’existence des bourgs et de nombreux villages que se partageaient les châtellenies des environs (Guron, Couhé, La Gralière, Le Treuil) et les instances ecclésiastiques (Abbayes de Valence et de Nouaillé, Chapitre cathédral, etc...)
On notera que le château de Guron, sur Payré, appartenait à la célèbre famille des Rechignevoisin qui se faisaient d’ailleurs appeler Guron. Ce château subit un incendie pendant les guerres de religion en 1569.
L’emprise des pouvoirs féodaux a entraîné le défrichement de la forêt primitive désormais fortement réduite (forêt de Saint-Sauvant dont 170 ha à l’ouest de la commune) et développé de nombreux villages qui ont acquis et conservé une vocation essentiellement agricole.
Cependant la forêt semble avoir été aussi largement exploitée pour le traitement de poches de minerai de fer, suffisant pour l’usage local, dont on trouve encore quelques vestiges dispersés dans les champs et des traces dans la toponymie (Les Minières, La Ferrière, etc...).
La commune de Payré est ainsi devenue une commune rurale dont la population finit par approcher 1600 habitants en 1850. Allant de pair avec l’agriculture, les cours d’eau ont facilité l’implantation de moulins et la commune en a compté jusqu’à six. Ces moulins se sont tus progressivement, le dernier en 1958 (ci-dessus l’un d’entre eux).
Malgré une situation géographique qui aurait pu faire échapper aux zones d’influence, Payré n’en a pas moins connu les impératifs des époques révolutionnaires : son cahier de doléances rédigé en 1789 est malheureusement perdu ; puis on a vu en 1790 la création de la commune dont le premier maire fut un certain François Boudault ; les rapports entre mairie et presbytère furent tendus, l’église fut transformée en temple de Raison et la paroisse supprimée jusqu’en 1838 ; le château de Guron subit un deuxième incendie.
Reconstruit, ce château, après être passé entre plusieurs mains, est devenu un préventorium tenu par des religieuses puis désormais un Centre éducatif (ci-dessus).
Sainte-Germaine
des Minières
St Hilaire de Payré
Par la suite la vie communale fut ponctuée par des réalisations diverses : création des écoles à partir de 1833, achat d’un local communal (1854), et comme Les Minières venaient de se doter d’un église neuve (1870), remplacement (1892) de la vieille église de Payré par le bâtiment néogothique toujours en usage, achat (1860) puis construction (1903), d’un presbytère, arrivée de l’électricité (1924). Les lois de 1905 laissèrent cependant un souvenir amer dans les relations entre les deux bourgs et les guerres apportèrent leur lot de désolation avec la disparition de nombreux soldats (80 en 14-18 et 8 en 1940). Un monument commémore aussi l’accident de Marcel Renault qui a coûté la vie à l’industriel lors de la course Paris-Madrid en 1903.
Depuis 50 ans, Payré a subi l’exode rural, mais si la vocation agricole de la commune est conservée, le nombre d’exploitants a sérieusement diminué. Dans les années 80, une nouvelle mairie et une salle des fêtes ont donné un coup de fouet à la vie communale. Après un fort déclin, la population repart à la hausse grâce à des constructions nouvelles et des lotissements tandis que de nombreuses associations assurent une importante animation.
De plus, inséré dans une Communauté de communes actives, Payré a vu en 1990, l’implantation d’un centre d’attraction appelé « Iles de Payré.» Dans le contexte du vieux moulin de Breuil, l’aménagement des bords de la Dive attire de nombreux promeneurs. Cette rivière ainsi que la source de Fontou qui sort d’une grotte obscure sous forme d’un puissant ruisseau étaient déjà des lieux pittoresques appréciés.
Les Îles de Payré
La source de Fontou
Ainsi tourné vers l’avenir, Payré a su mettre en valeur son patrimoine et garder des traces de son passé.
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